Que faire des feuilles mortes au potager : pailler, composter ou laisser au sol ?
En octobre, valorisez les feuilles mortes au potager : quels usages privilégier, quelles feuilles éviter et comment protéger le sol sans attirer les ravageurs.
Oui : en octobre, utilisez les feuilles mortes saines comme paillage sur les planches libérées. Broyez-les si possible, étalez-les en couche modérée sans les tasser, puis compostez le surplus ; évitez ce paillage épais près des jeunes semis et des salades d’hiver.
Les feuilles amortissent l’effet de la pluie, du froid et des variations de température sur un sol nu. En se décomposant à la surface, elles nourrissent les organismes du sol, mais ne remplacent pas un compost mûr pour alimenter rapidement une culture gourmande.
Choisir le bon usage
Réservez le paillage aux planches vides, aux petits fruits et au pied des arbres. Les feuilles broyées se répartissent mieux, se décomposent plus vite et risquent moins de former, après la pluie, un tapis compact qui retient trop d’humidité.
Pour le compost, mélangez les feuilles avec des matières humides et riches en azote, comme les épluchures végétales ou les tontes en fine quantité. Les feuilles seules se décomposent lentement ; l’équilibre entre matières sèches et humides favorise le processus, comme le rappelle l’ADEME.
Vous pouvez aussi les laisser se transformer en terreau de feuilles dans un sac perforé, un bac ajouré ou un coin du jardin, sans les tasser excessivement. Ce matériau servira surtout à alléger un substrat ou à pailler, pas seul comme terre de semis.
Feuilles à utiliser et précautions
Les feuilles saines de fruitiers, d’érable, de tilleul, de charme ou de noisetier conviennent au paillage et au compost. Mélangez les essences ; les feuilles de chêne, de hêtre ou de platane, plus lentes à se dégrader, gagnent à être broyées ou mêlées à d’autres feuilles.
Écartez les feuilles visiblement malades, notamment celles de rosiers ou d’arbres fruitiers très tachées, ainsi que celles ramassées sur un terrain récemment traité ou au bord d’une route très passante. Ne les mettez ni en paillage direct ni dans un compost domestique peu chauffant, afin de ne pas conserver d’agents pathogènes près des futures cultures.
Évitez aussi les feuilles de noyer en paillage direct sur les légumes : le noyer produit de la juglone, qui peut gêner certaines plantes sensibles. L’Université du Wisconsin recommande la prudence avec les résidus de noyer autour de ces cultures.
Poser le paillage sans favoriser les limaces
Avant de couvrir, retirez les légumes malades, les gros résidus infestés et les adventices montées en graines. Si le sol est très sec, arrosez légèrement avant de poser les feuilles ; l’eau doit pénétrer dans le sol, non stagner dans le paillage.
Gardez une couche plus légère près des cultures encore en place et laissez leur collet dégagé. Après une pluie durable, soulevez le paillage s’il devient compact, très humide ou s’il abrite beaucoup de limaces.
Laissez les feuilles sur les planches prévues pour le printemps, puis écartez les résidus encore grossiers au moment de semer. Pour l’ail d’automne, posez seulement un paillage léger après l’installation des caïeux, en suivant les précautions de notre guide pour réussir la culture de l’ail d’automne.